Pierre-Guillaume CLOS

Pierre-Guillaume CLOS

Une certaine Ironie de l’expérience.

Les œuvres de Pierre-Guillaume Clos prennent source dans les expériences vécues au regard, au contact des productions artistiques des artistes minimalistes et conceptuels.

La particularité éminemment tangible des expériences esthétiques proposées par les artistes de ces mouvements est la capacité donnée au spectateur d’éprouver sa propre présence. Selon Pierre-Guillaume Clos se saisir de cette expérience, cette épreuve, est fondamentale. Sans elle, aucun rapport au monde — il nous fait face, nous entoure — n’est possible. Autrement dit, être c’est percevoir, percevoir c’est être. C’est donc s’interroger à travers ce que nous « rendent » nos sens, à propos de notre capacité à être, à appréhender le monde. En filigrane dans ses œuvres, apparaît donc un questionnement phénoménologique et ontologique en réponse à ce que l’artiste ressent face à l’étonnement de ce qui nous est inconnu.

Conscient de la nécessité de se dégager du formalisme proposé par ses prédécesseurs, sans pour autant renier cette filiation ne serait-ce parce qu’elle est sens à ses yeux, sens à sa pensée, Pierre-Guillaume Clos se saisit de notre impossibilité de contraindre la relation esthétique à l’œuvre au seul sens formel proposé. Ici apparaît donc pour l’artiste une lutte entre ce que nous élaborons à partir de nos sens, notre expérience, des abstractions qui en découlent, et de ce qui nous en échappe : une lutte assumée entre raison et poésie.

Des différents stratagèmes dont s’empare l’artiste afin de cerner son propos, l’ironie en est un qui l’intéresse particulièrement de part sa capacité à lier de façon implicite ce qui relève du sens commun, tacite ici, et la réalité du vécu des situations qu’il propose à travers ses installations. Elle en devient un moyen de révélation, laissé à discrétion du spectateur­­, sans heurs pour ce dernier, de l’absurde même de nos comportements, de notre condition. En d’autres termes elle s’énonce, sans réponse formulée, à travers la question de ce qui est vraiment donné à voir.

Cette absence de réponse, volonté assumée de l’artiste, laisse la question même du parti-pris de coté. Parti-pris, qui selon lui se résumerait à donner un sens préalable, revendicatif par exemple, à l’œuvre autre que celui de l’interrogation. Il s’agit là pour l’artiste d’une posture forte qui trouve son origine dans la certitude que notre propre représentation du monde est toute relative. Et, si cette représentation est pensée en mouvements, de façon dynamique, alors elle n’est jamais acquise. Doute suprême auquel répond alors un « sans cesse », un « sans fin » : les questions de notre condition.


Mathilde Bacarange, février 2015.
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