


Mind the Landscape : cinq montagnes se font face , reflétant l’espace et l’image du spectateur ; elles semblent mobiles...

Les formes se côtoient les unes les autres dans différents rapports d’échelle, la plus grande se mesure à nous, nous surplombe presque, la plus petite furtive s’échappe. De la confrontation massive à l’éloignement suggéré par la petitesse des formes, la sculpture propose une expérience sensible du rapport entre chaque chose ; expérience de notre place dans un monde que nous ordonnons par nos perceptions. Être en deçà de ce qui nous fait face, son égal ou au-delà : ordonnant les catégories d’espaces et de temps.
L’injonction (Attention au paysage) du titre prends tout son sens lorsque malgré leur apparente immobilité, de circonstance pour une montagne, on perçoit le déplacement des volumes non par évidence mais par déduction. La lenteur des déplacements trouble notre perception hésitante entre l’énigme (technologique) et la contemplation.
Le mouvement quasi imperceptible de déplacement des montagnes nous ramène à la multiplicité des points de vues des « paysages numériques », à la notion de paysage pensée comme un artifice permanent. Mind the Landscape pose de nouveau la question du virtuel dans notre rapport physique à la réalité. Mind the Landscape c’est donc déplacer des montagnes pour jouer de l’artifice technologique discret, pour révéler nos réflexes de construction mentale avec ironie et poésie.
Inspiré des jardins secs japonais, Mind the Landscape joue bien évidement de la symbolique de la montagne, jamais complètement visible, objet idéal de notre imagination, de nos mythes.
Réalisation : les montagnes sont composées d’un stratifié composite tissu de verre et résine époxy sur une âme en polystyrène supportés par un châssis métallique mobile motorisé.

Le projet Mind the Landscape engage les ressources de l’ERBAN, et celles de la Mairie de Nantes et a reçu fin 2009 le soutien du Conseil Régional des Pays de la Loire.